L'ancienne caserne des pompiers Patrick Douville

C’est en 1930, durant le mandat du maire Joseph Bureau que la caserne fut construite par Patrick Douville, entrepreneur et maître charpentier. Son coût s’est élevé à 8 355 $ dont 3 900 $ furent versés en subventions par le gouvernement du Québec. Elle fut bâtie sur le lot 726, mesurant 150 pieds de profondeur par 50 pieds de large et acheté de M. Oliva Baillargeon pour la somme de 200 $.

Caserne Patrick DOUVILLELa bâtisse mesure 12 pieds de largeur par 28 pieds de longueur, elle comprend une tour de 6 pieds carrés d’une hauteur de 54 pieds. L’extérieur est en déclin de bois d’épinette « embouveté », les murs et le plafond de l’intérieur sont en planches de bois lisse de pruche et d’épinette. La charpente de la tour est en madriers d’épinette disposés en forme de « Croix Saint-André » et la couverture est en tôle galvanisée. Il n’y a pas d’électricité dans la bâtisse et la caserne est chauffée au besoin.

En 1972, à la suite d’une soumission pour la construction d’une nouvelle caserne, la décision de vendre à l’enchère et de démolir la vieille caserne située sur le lot 726 est prise. Mais chaque fois que des travaux s’amorcent, des contribuables s’y opposent et notre vieille caserne reste debout pour nous rappeler notre patrimoine bâti.

En 1985, à l’occasion du centenaire de la municipalité, la Société d’histoire, sous la présidence de M. Claude Thiffault, voit à ce que la vieille caserne reçoive une couche de peinture pour la rafraîchir.

Durant le mandat du maire Paul Labranche, le 10 septembre 2004, au conseil municipal de la municipalité de Saint-Adelphe, il est proposé et résolu que le règlement 2004-227 soit adopté. Ce règlement porte le titre de « Règlement visant à classer monument historique la vieille caserne de pompiers sise au 391 rue Principale à Saint-Adelphe ».

La même année le projet de restauration débute avec la formation d’un comité composé de M. Paul Labranche, maire, M. Jacques Thiffault du comité consultatif en urbanisme, de Mme Annette Condé du comité culturel de Mékinac, de Mme Diane Denis de la Société d’histoire de Saint-Adelphe et de M. Éric Poirier, agent de développement culturel au CLD Mékinac.

Toujours en 2004, le Ministre de la Culture et des Communications du Québec nous confirme que l’immeuble figure maintenant au Répertoire des biens culturels et arrondissements du Québec. Des démarches sont alors entreprises pour inscrire la Caserne Patrick-Douville au Répertoire canadien des lieux patrimoniaux.

En juillet 2005, c’est le début des travaux de restauration. Les travaux son exécutés par M. Jean-Marie Bureau, assisté de deux étudiants : François Gauthier et Philippe Perron. M. Daniel Rousseau refait la porte sur le modèle de 1930 et M. Didace Denis rénove les fenêtres. Les travaux sont estimés à 25 000 $.

En septembre 2005, la municipalité procède à l’inauguration officielle de la vieille caserne de pompiers à l’occasion des activités entourant « les Journées de la culture ». Le bâtiment, bâti en 1930, portera le nom de « Caserne Patrick-Douville » afin d’honorer la mémoire de son bâtisseur.

La caserne restaurée deviendra un lieu de diffusion culturelle pour tous les artistes, artisans et organismes culturels de la MRC de Mékinac.

La Société d’histoire de Saint-Adelphe
Rédaction : Annette Condé

Merci aux différents partenaires pour leurs contributions
au financement de la restauration de la Caserne Patrick-Douville

La MRC de Mékinac : 7 000 $ (Pacte rural)

Le CLD Mékinac : 5 000 $ (PAIMR) et 1 000 $ (Fonds culturel)

La Municipalité de Saint-Adelphe : 5 000 $

Jeunes au travail Desjardins : 1 368 $

La Caisse populaire Sainte-Thècle – Saint-Adelphe : 3 000 $

Jeunes au travail Desjardins : 1 368 $

Le Ministère de la Culture et des Communications du Québec : 2 500 $

La Société d’histoire de Saint-Adelphe : 1 000 $

Biographie de Patrick Douville

Patrick Douville est né à Saint-Casimir le 7 juin 1883. Il est issu d’une famille de treize enfants.

Le 8 mai 1908, il épouse Mathilda Boucher. Ils auront onze enfants.

Patrick Douville démontre, dès son adolescence, des talents de constructeur, de charpentier, d’ébéniste, de forgeron et de soudeur. Ses occupations principales sont celles de défricheur et de cultivateur.

Vers 1918, M. Douville est atteint de la grippe espagnole, ce qui le laisse presque complètement sourd. Doté d’un physique imposant et d’une grande robustesse, il continue de construire et de défricher tout en élevant sa nombreuse famille.

Durant sa carrière, ils construit plusieurs résidences, des garages, des moulins à scie partout dans la région. En 1930, M. Douville obtient le contrat pour la construction de la vieille caserne pour la somme de 8 355 $, montant dans lequel sont compris la bâtisse, la citerne, les boyaux et autres accessoires.

En 1941, un autre contrat, cette fois pour la construction du collège et de la résidence des frères de Saint-Gabriel lui est octroyé pour la somme de 6 975 $. À Valcartier, il construit une grosse scierie. À Cap-de-la-Madeleine, il réalise l’agrandissement du moulin Saint-Laurent. En 1945, à Saint-Tite, il construit la résidence et le garage de son garçon Gérard.

En 1946, à 63 ans, il sent que le moment de la retraite est arrivé. Il se construit une résidence rue de la Station à Saint-Adelphe. M. Léo Grandbois est cependant grandement intéressé par cette maison et la lui achète. Un an plus tard, M. Douville construit une autre maison, la dernière cette fois, au 560 rue Principale, maison qui deviendra celle de Martin Perron et de sa fille Gertrude Douville.

Une vie bien remplie, une retraite bien méritée dont M. Douville n’a pas le temps de profiter pleinement malheureusement. En 1957, il est atteint de paralysie. Il diminue considérablement ses activités. Il décède en mai 1960 à l’âge de 77 ans.

À l’image de tous nos ancêtres qui l’ont précédé, M. Patrick Douville est synonyme de débrouillardise, détermination, courage, esprit entrepreneurial et dévouement – un grand bâtisseur. C’est la raison pour laquelle qu’en juin 2005 la municipalité de Saint-Adelphe a décidé d’honorer sa mémoire en donnant son nom à la caserne.

Souvenirs de famille : Léo Douville
Rédaction : Jacques Thiffault

  L'ancienne caserne rénovée Sa maquette

  La tour pour le sèchage des boyaux

Photos Yves Couffin